De Geeksland, on perçoit la vie numérique comme un prolongement de la vraie vie ; l’identité est unique, fusionnelle entre vie privée, publique et professionnelle.
On parle ici de réseau social, du souhait de maintenir le lien avec une communauté (laquelle ? quand on des milliers de followers ou d’amis), de gérer son image sociale, sa notoriété…
On peut aussi s’en inquiéter, percevoir cette évolution comme nouveau réducteur d’activité physique pour l’homme qui vit rivé à son écran…
La trace numérique qui est laissée sur la toile est potentiellement énorme.
La vie est-elle possible sans capacité d’oubli ?
Je m’imagine chaque matin devant ma glace numérique googlisant mon nom pour voir ce qui remonte…
Quel cauchemar ! Le meilleur pour s’y vautrer, le pire pour se flageller…
Nous ne sommes pas à égalité devant la vie numérique pas plus que dans la vraie vie.
Et sans une absolue prudence, sans compréhension numérique, notre capacité d’oubli sera sérieusement mise à mal, l’Homo Numéricus aussi, dévoré par sa vie numérique.
Pouvons-nous faire l’économie de cette présence obsessionnelle ?
Comment malaxer instantanéité et sagesse ? Trouver un équilibre entre vraie vie et vie numérique ?
Ce que je sais, c’est que je ne veux pas, devenir un « PON » (Potentiel Obèse Numérique)
Interview de Gaetan Gachet de Ubifrance basé à San Francisco, qui nous propose un point sur une première matinée de conférence. (Publiée avec un peu de retard pour cause de détails techniques)
Pierre Arlais de Bearstech et Jean-Samuel Beuscart d’Orange Lab reviennent sur la gestion des cookies et de la protection des données personnelles (data privacy). D’après eux, si le sujet n’est pas nouveau, les interrogations non plus, et les réponses apportées durant le SXSW… idem.
Danah boyd est une sociologue qui explore, depuis plusieurs années, la façon dont les gens s’approprient les médias sociaux, qu’il s’agisse des adolescents américains sur myspace, de tout un chacun sur Facebook, ou de l’élite geek sur Twitter. C’est aussi une excellente oratrice, très incisive, et c’était un réel plaisir de l’entendre prononcer la conférence plénière d’ouverture du festival.
La conférence portait sur la « privacy », qu’on peut traduire imparfaitement par droit à la vie privée ; autrement dit, la capacité des individus à contrôler quels aspects de leur vie sont rendus publics, et à quel public. Le discours de danah boyd s’inscrivait en réaction directe à plusieurs déclarations récentes de caciques de l’Internet annonçant la fin de la privacy : Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, l’a déclarée « morte » il y a quelques mois, tandis que le PDG de Google, Eric Schmidt, avait soupçonné les gens qui s’inquiètent pour la privacy « d’avoir quelque chose à cacher ». Contre cette tendance, la sociologue a affirmé que les gens n’ont à aucun moment renoncé à contrôler l’information personnelle qu’ils rendent publique, et que l’affirmation contraire est le reflet d’une croyance limitée à une petite élite sociale et technologique. [Lire la suite →]