13
mar

La conscience de la temporalité, design et technologie.


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Puisque Renaud parle du temps qui passe, parlons en, et même avec Joanna Wiebe, interaction designer, travaillant sur les sites de e-commerce, lors d’une petite présentation très intéressante. J’en retiendrais quelques idées :
Sur internet et en conception, les schémas temporels sont bien différents en fonction de son application : sequence et direction, durée, intervales, schémas priorités… cela concerne le temps percu par l’internatue pour remplir un formulaire au créneaux d’un calendrier pour choisir un billet d’avion. La gestion du temps ici est toujours différente à chaque exemple.

Il y a des challenges à relever en tant qu’interaction designer :

- les interactions entre les gens qui conçoivent et percoivent le temps différemment
- achever un modèle de temps opérationnel qui marche
- trouver son chemin au travers de la technologie

Elle est revenue de manière fine sur la différence de perception du temps, comme cette mise en perspective de la citation suivante de Groucho Marx :
“Time flies like an arrow; fruit flies like a banana”
… par rapport à la conception du temps des Mayas qui considéraient que le temps était créatif et que chaque jour s’accumulait avec les autres.

Alors bien sûr, nous avons dès à présent des repères temporels universels : les fuseaux horaires. Dans ce siècle, nous avons une plus grande conscience du tout, et de notre position par rapport au reste du monde. Ces repères ont beaucoup plus d’importance qu’avant. Mais par rapport à cette connectivité toujours accrue, nous avons finalement besoin de nouveaux repères temporels. Nous commençons à vivre de manière globale, avec cette perception du tout.

La question se pose alors : comment s’y retrouver dans cette perception globale face à la technologie ? Nous avons besoin d’un repère temporel plus universel que cela, qui ne soit pas dépendante d’une fuseau horaire ou d’une culture. Sur internet, il n’y a finalement ni nuit, ni saison, ni heure. Il n’y a que des activités en grand nombre, à des lieux précis dans le monde, ou des conversations dans des espaces dédiés.

Je ferais une passerelle personnelle dans des cas moins théoriques de compréhension d’un tout avec la Data Visualisation par exemple :

Memolane est une application permettant d’afficher sur une timeline interactive son « Lifestream », chacune de ses activités sociales.

Memolane – Your time machine for the web from Memolane on Vimeo.

La perception du temps, d’un tout et d’un mouvement global d’une masse de personnes ou de données, c’est aussi à ce que tente de répondre cette approche orientée données et design.

Autre application, ce dispositif de Samsung dans les couloirs du SXSW, similaire à celle de l’année dernière mais toujours intéressante, pour donner aux participants une idée de ce la masse qu’ils représentent, en nombre, en activité, en conversation…

Réalisé par JEss3, agence superstar au SXSW de création en data visualisation. Il existe plus de captures d’écrans chez eux :
- http://jess3.com/sxswi-social-media-installation/
- http://jess3.com/sxswi-social-media-hub/

Tout petit détail mais c’est la première fois que je vois cela : une réglette temporelle pour les checks-ins sur SCVNGR (en bas de l’écran) afin de comprendre les apparitions des personnes sur une carte donnée.

Amusante également, cette fréquence permanente de va et vient dans les couloirs et entre les salles de conférences des personnes. Exactement et massivement toutes les heures à chaque changement de salle.

J’ai des tas d’autres exemples dans la tête, mais le temps est quelque chose auquel nous ne faisons pas forcément attention assez souvent. Plein de questions dans la tête ? d’un commun avis avec Renaud, c’est une conférence réussie !

18
mar

Activitystream : les machines doivent donner du sens à nos données et nous aux usages

Chris Messina de Google a sans doute donné l’une des conférences les plus intéressantes de ce SXSW à propos du principe d’Activitystream : le flux continu des informations et données que nous produisons chaque jour sur toutes les plateformes (Facebook, Twitter, youtube….), à l’ère d’un internet de plus en plus versé dans le temps réel. J’ai déjà eu l’occasion d’en parler au micro de Renaud mais le sujet est si fort que c’est l’occasion d’en reparler.

- De plus en plus de services aujourd’hui nous permettent d’annoncer ce que nous faisons, aimons, partageons, et où nous nous trouvons, avec qui… mais de manière cloisonnée parfois. quelle logique à cela ?

- Nous communiquons de plus en plus au travers d’objets. L’explosion du mobile, de l’internet des objets va accélérer encore plus les choses.

- Les standards qui permettent de faire dialoguer les machines entre elles (les flux de syndications de contenu comme Atom, rss) vont devenir petit à petit dépassés. Il faut donner plus de sens aux données que nous transmettons à toutes ces plateformes. Il faut leur donner une conscience en somme : de leur contexte, de la raison de leur existence et de leur destination.

- Toutes ces données et signes de vie numériques vont un jour avoir besoin d’avoir une mémoire : passé, présent, futur, avec également un tri des informations : par sens, catégories, type d’activité…

Entre technique et usage : la notion de sens

Cette conférence assez technique est en réalité une projection dans le futur : si les machines doivent donner du sens à nos informations qu’elles font transiter entre elles, à nous d’en donner aux usages que nous allons faire de ces outils communication. Si je fais la comparaison entre deux applications de géocalisation, – entre Foursquare et Dismoiou (qui se lance sur le marché us dans quelques jours d’ailleurs) – l’un ne fait qu’annoncer sa position et introduit un peu de jeu dans la ville, l’autre a une réelle utilité, selon un principe de recommandation collaborative des points les plus intéressants autour de soi. Deux activités différentes, et complémentaires ? Mais quel usage me sera au long terme le plus utile ? Pas seulement pour les geeks, attention, pour chacun d’entre nous.

De même que lors d’une conférence autour de l’évolution des interfaces du futur : la réalité augmentée sur mobile – selon l’un des conférenciers – est fatigante à manipuler, peu pratique, ne faisant fantasmer que les services marketing. Passé le premier effet « wahou », peu l’utilisent. La réponse se trouvera dans de nouveaux terminaux comme des lunettes, permettant de les porter en permanence, et de redécouvrir la ville autrement. Solution technique plus logique en terme d’usage, qui n’a de sens que si les gens la trouve judicieuse en pratique. C’est une sorte de Darwinisme par le bon sens et l’usage collectif.

Je parlais à propos de cette édition du SXSW d’une évolution silencieuse des technologies et des usages. La montée des applications mobiles et des newsfeeds en terme d’usage est en train de monter (confer les dernières transformations de Facebook), et c’est aux technologies de prendre le relais : à elles d’évoluer pour répondre à ce que les gens veulent faire d’internet : un espace de collaboration, de partage et de communication permanent basé de plus en plus sur l’instantanéité. Les deux se relayent à tour de rôle pour faire évoluer la manière dont au final, le monde et internet change. Avec l’activityStream, la balle est dans le camp de la machine, à nous de trouver les nouveaux usages de toutes ces données que nous produisons.