Danah boyd est une sociologue qui explore, depuis plusieurs années, la façon dont les gens s’approprient les médias sociaux, qu’il s’agisse des adolescents américains sur myspace, de tout un chacun sur Facebook, ou de l’élite geek sur Twitter. C’est aussi une excellente oratrice, très incisive, et c’était un réel plaisir de l’entendre prononcer la conférence plénière d’ouverture du festival.
La conférence portait sur la « privacy », qu’on peut traduire imparfaitement par droit à la vie privée ; autrement dit, la capacité des individus à contrôler quels aspects de leur vie sont rendus publics, et à quel public. Le discours de danah boyd s’inscrivait en réaction directe à plusieurs déclarations récentes de caciques de l’Internet annonçant la fin de la privacy : Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, l’a déclarée « morte » il y a quelques mois, tandis que le PDG de Google, Eric Schmidt, avait soupçonné les gens qui s’inquiètent pour la privacy « d’avoir quelque chose à cacher ». Contre cette tendance, la sociologue a affirmé que les gens n’ont à aucun moment renoncé à contrôler l’information personnelle qu’ils rendent publique, et que l’affirmation contraire est le reflet d’une croyance limitée à une petite élite sociale et technologique. [Lire la suite →]
Interminable file d’attente, salle de conférence immense sans une chaise de libre, Michel Gondry a une demie heure de retard. Mon voisin de gauche, un photographe new-yorkais en profite pour me montrer quelques uns de ses clichés depuis son iphone, des portraits de Bill Gates et autres grands managers défilent. Venu à SXSW pour parfaire une clientèle de leaders, il me confie « You french people have some troubles mixing business and art, once you get money you loose your art legitimacy, but there is one exception to me, it is Michel…»
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Sur la centaine de conférences au programme de SXSW Interactive, la seule à mentionner spécifiquement la notion d’artiste est : OpenFrameworks – A Powerful Creative Coding Library for Artists.
OpenFrameworks est une bibliothèque de programmation open-source créée par les artistes Zachary Lieberman et Theodore Watson, en collaboration avec la communauté internationale d’artistes, de designers et de chercheurs qui l’utilisent. Ces sources de codes répertoriés permettent de développer des installations et prototypes depuis nos systèmes d’exploitation. Une fois connus les concepts de base de la programmation, c’est l’outil rêvé pour les artistes qui souhaitent ouvrir leurs créations audiovisuelles aux interfaces interactives.
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A SXSW, si vous jetez un œil indiscret l’ordinateur de n’importe lequel des festivaliers, vous tomberez inévitablement sur navigateur ouvert simultanément et au minimum sur des onglets mail, facebook et twitter. Les participants de SXSW constituent donc un public particulièrement concerné par la question légèrement provocatrice posée par un panel de jeunes chercheuses et chercheurs dans l’après-midi de vendredi : est-ce que la technologie affaiblit les relations sociales ? Est-ce que le fait de démultiplier nos relations sociales sur diverses plateformes (facebook, twitter, myspace, linkedin, etc.) ne conduit pas, finalement, par diminuer la valeur de nos relations, en dispersant notre attention entre un trop grand nombre de personnes, et entre un trop grand nombre de lieux virtuels ? Le point de départ, c’est l’intuition que tout le temps passé en ligne, à poster des statuts, répondre à des commentaires, est forcément pris quelque part, dans la « vraie vie ». Le débat était un peu décousu, mais proposait un panorama intéressant des arguments. [Lire la suite →]
L’élaboration du programme de SXSW obéit, au moins en partie, aux principes du web collaboratif et des barcamps. Tout un chacun peut y proposer une conférence ; puis les participants votent pour les conférences et panels qu’ils souhaitent voir.
Donc, en forçant un peu le trait, on peut considérer le programme comme un document sociologique, une production écrite collective, qui reflète les préoccupations et tendances des acteurs du web en 2010. Pour patienter en attendant le début du festival, jouons donc à lire les entrailles du programme ; les tendances sont nombreuses bien sûr, en voici simplement quelques-unes qui font échos à mes sujets d’intérêt. [Lire la suite →]
South by SouthWest (SXSW), c’est la combinaison de trois festivals, Web, musique et cinéma, durant 10 jours, à Austin, au cœur du Texas. Je m’y rends pour la première fois, avec des attentes à la hauteur de la réputation de l’événement.
Le festival Web (dit « interactive ») est l’un des plus gros regroupements annuels des acteurs du web, tout particulièrement du web 2.0 ou « social ». Pendant 5 jours, plus de 400 conférences et discussions auscultent le présent et le futur du web. Des entreprises, des consultants, des universitaires, imaginent l’évolution des multiples facettes de notre vie en ligne, depuis la consommation jusqu’à la religion, en passant pas la sociabilité, la sexualité, le divertissement, l’humour, la politique, etc. Le format des conférences évite tant le côté « salon » des grands événements marketing où les entreprises viennent vendre leurs produits, que l’aspect parfois élitiste des conférences purement universitaires. Le festival connaît un succès croissant, et a accueilli près de 10 000 participants l’année dernière, contre 5000 en 2007. C’est le but premier de mon voyage. [Lire la suite →]
Du 12 au 17 Mars, je vais me fondre dans la foule hyperconnectée des milliers d’entrepreneurs, de leaders des NTIC, de startups prometteuses, de communautés créatives des 4 coins du monde. Le programme est vertigineux, plus de 100 conférences en 5 jours, des soirées organisées dans tous les coins de downtown, mon «plancats» compte déjà plus de 50 « parties »…la ville est assaillie de futuristes à idées géniales. Plus un hôtel de libre, les habitants hospitaliers ouvrent leur maison, ils vont vivre au rythme des twitts, posts, vidéos, retwitts, commentaires…en live. [Lire la suite →]