
Cette sentence que l’on a l’habitude d’entendre dans des navets horrifique, on a réussi à la trouver pour vous ce matin, lors du panel « Congratulations ! your brand’s about to be obsolète », #savebrands. Oui, les marques disparaissent, comme le faisait remarquer Andrea Ring, dont je n’ai pas réussi à retenir le titre chez l’agence R/GA (qui ont fait, publicité pro domo, le site http://www.wearetennis.com pour BNP Paribas, maison mère de L’Atelier), on avait l’habitude de penser que c’était inéluctable.
Exemples très bien choisis : la Cunard est spécialiste de la construction de navires. L’avion arrive, la Cunard est moribonde. La fourrure devient diabolique chez les top models ? Les fabricants de fourrure tombent comme des mouches. La photo numérique explose ? Kodak ne peut pas changer de modèle assez vite, handicapé par de nombreuses usines à réorienter. Ford est très bon quand il s’agit de lutter contre General Motors ? Dommage, il a oublié de regarder en dehors des Etats-Unis, et en particulier au Japon où Toyota et Nissan réinventent l’automobile. Et en fait, il semblerait que non. Il suffit de faire gaffe.
Comment remarquer qu’une marque est sur l point de tomber dans l’oubli ? Quand elle remplit trois critères : stable, défensive, consistent. Pas d’innovation, toujours sur la défensive et toujours à la recherche d’une cohérence perdue. Pour éviter la chutte, l’oubli, la décadence, l’obscolescence, il faut quitter la représentation de la marque en tant qu’histoire. Pour aller où ? vers la marque en tant que système, c’est ce qui est proposé actuellement. L’histoire, c’est le marketing traditionnel, sur les medias traditionnels, avec de la métaphore partout. Le système, ce sont des applications et de l’information. Le futur lui sera de fusionner les deux, et d’aller vers… Le jeu.
Arrive la slide qui tue :
Histoire Jeu Système
Who audience participant user
What intention action information
Why empathy solidarity utility
La stratégie à suivre serait aussi d’éviter de se concentrer sur ses produits, et de parler de son secteur ou du service rendu. Il ne faut pas parler livre mais lecture, il ne faut pas parler chaussure mais performance, il ne faut pas parler automobile mais mobilité.
Je vais faire un peu écho au billet de Pierre ce matin en passant en revue les applications mobiles entre autre à base de géocalisation sorties spécialement pour le SXSW. Marrissa Mayer de Google souligne la puissance du « ici » connectant le monde digital et la réalité. 40% de l’usage de Google Maps se fait au travers du mobile avec 150 millions d’utilisateurs au travers le monde par jour. Google places promet un usage intéressant.
Là où cela se complique, c’est l’ajout du « maintenant et avec les autres »… et pour faire quoi. Beaucoup cherchent la technologie émergeante phare de ce SXSW, sans rien trouver de bien convaincant du côté des applications mobiles sorties ces dernières semaines et ces derniers jours spécialement pour le SXSW. Voici un panel des très récentes qui font un peu de pub, et avec quelques perles potentielles.

Fidélisation et gamification
SCVNGR présenté lors d’une keynote entière dédiée à son fondateur se présente comme un clone de foursquare, à l’ergonomie différente. Son autre application Level Up surfe sur la vague de la gamification de la vie quotidienne : elle mélange un Groupon avec un Foursquare. Des offres, bons plans et réductions sont géocalisées, permettant toutes sortes d’opérations marketing et de fidélisation sur le principe de « la vie est un jeu de rôle et de quêtes ». Dénonçant la pauvreté des applications à base de « check-in », son fondateur Priebatsch aura beaucoup critiqué les applications existantes de Gowalla à Foursquare, pour proposer à mon sens une application concurrente qui a grandement besoin de grimper en nombre d’utilisateurs. Juste un concurrent encore un peu en avance de phase, mais la marge est très très restreinte.

Tapcity est une prochaine application ( http://playtapcity.com/ ) ressemblant foncièrement à Mytown : du jeu, basé sur la géocalisation.
Social Butterflies de Lovellasoft est un jeux tirant parti de facebook, transformant les informations de ses contacts en quizz.
Discussion locales … et/ou privées
Le tant discuté Yobongo est un chat public par geocalisation. Sympathique dans l’idée, même s’il n’a jamais chez moi dépassé les 13 utilisateurs en temps réel sur toute la ville d’Austin. Annoncé tonitruant et… plus de nouvelles.
Convore, GroupMe ou Beluga, de la même manière, proposent de la conversation textuelle, avec ou non ajout de photos, vidéos etc.. dans un cadre privé, public, ou pour un nombre défini d’utilisateurs. La conversation en temps réel contribue beaucoup à son utilité, mais cela rappelle le SMS.
Who’s free explore les personnes autour de soi disponibles pour sortir, prendre un café 5 minutes, aller au cinéma… Une application qui aurait bien besoin d’une petite couche graphique, et d’évoluer un peu pour être plus convaincante. Limitée en plus uniquement à Facebook, cela réduit son champ d’action.
localmind permet de poser une question dans son environnement proche. Un Quora mixé avec un Foursquare. Assez proche de Yobongo dans l’idée. Permet de se logger avec Foursquare, Gowalla, ou Facebook.
Locali au graphisme plaisant est encore un clone d’applications de check-in des lieux intéressants. Du vu et revu.
Liquidspace permet de trouver des endroits calmes pour travailler. Lancé tout d’abord pour la ville d’Austin, cela peut toujours en intéresser plus d’un.
Leetto est tourné sur les offres et les événements éphémères à un instant et lieu donnés.
ItourU est un moteur de recommandation de lieux et de circuits de lieux à visiter, basé sur le modèle de foursquare de badges à décrocher.
Filmaster est un moteur de recommandation sociale de films en fonction de son lieu.
Par affinités
Domo importe vos paramètres privés de facebook (centres d’intérêts, activité, music ou livres préférés) pour afficher les personnes autour de vous qui ont les mêmes points communs.
Du ici et maintenant en images : le contexte !
Si l’une des stars serait peut être Instagram ce twitter de la photogaphie pour mobile, elle ne convainc pas tout le monde. Citation entendue au SXSW lors d’une conférence : « Instagram n’est qu’une application usant de filtres sur de mauvaises photos faisant croire aux gens qu’ils en font des bonnes ». Dur… Reste que la photographie sociale sur mobile est très tendance en ce moment et plait beaucoup avec une montée des utilisateurs en flèche.
Dans le même style, SocialCam doit sortir sous forme d’un twitter vidéo, très prisé par le public japonais.
Path est une sorte d’Instagram doublé d’un Hipstamastic avec une forte notion du contexte : photos/video, avec lieux et commentaires, mais en plus un système d’exploration des photos par google maps. Au final : « 1 photo, pour 1 moment avec 1 chose »
Mieux s’organiser localement, mieux échanger
Footfeed permet de check-in depuis 7 réseaux sociaux différents usant de geocalisation. On en avait déjà des similaires l’année dernière.
http://babker.com tente de trouver un créneau entre vous et vos amis pour que vous puissiez vous voir. Utile donc
Grouped(in) est à mon sens potentiellement aussi prometteur que SCVNGR. Il fédère les comptes de réseaux sociaux – en gros tous ses moyens de communication – et use des informations locales pour donner à l’utilisateur un sentiment au sein de la même application d’une vue globale sur son environnement. Ce service a un handicap certain : elle est trop compliquée, et veut tout faire. Risque de sentiment de rejet certain ou limité à un trop petit nombre d’utilisateurs.
Sans oublier Foodspotting, lancé il y a quelques mois, qui est plus centré sur la gastronomie contrairement à un Gowalla, plus global.
La perle ?
Celle là vient plutôt du SXSW music et non du interactive : Festival Explorer Austin Edition : recommande les artistes à écouter au SXSW analysant sa bibliothèque Itunes.
Conclusion
Vous l’aurez compris, le mobile tente de s’échapper dans le « ici, maintenant, avec les autres » par le jeu, le marketing, le contexte, la photo… Mais rien ne parvient à en ressortir massivement. Trop d’applis, pas assez d’utilisateurs. J’imagine qu’il va falloir combiner un peu des outils, ou attendre quelques rachats pour que certains usages émergent un peu plus..
Susan Wu du studio Ohai présentait un MMO (Massive Multiplayer Online game) en ligne, jouable en ligne et au travers de Facebook (et prochainement à partir de son identifiant twitter), un jeu nommé City of Eternals.

Entièrement réalisé en flash et accessible en ligne ou sur Iphone, ce jeu se positionne dans la catégorie du « social gaming » : un jeu à forte viralité sur la plateforme de facebook – là où sont nos contacts. Le principe est simple et efficace : nul besoin de créer un compte, il se crée automatiquement avec son nom et sa photo récupéré de son compte.
L’objectif est de pouvoir accéder au jeu dans les 30 secondes, sans téléchargement, ni temps de création de personnage, afin de pouvoir jouer et séduire le joueur par le fonctionnement du jeu en lui-même le plus rapidement possible.
L’idée pour faire revenir les joueurs est de pouvoir remplir plusieurs missions faciles et rapides, afin de susciter un sentiment d’accomplissement immédiat. [Lire la suite →]